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40 ans de Street art et de Graffiti exposés dans une ancienne manufacture !

50 artistes sont sollicités par la galerie Magda Danysz, leurs œuvres proviennent de collections privées quand elles n’ont pas été créées pour l’événement.

Street Génération (s) cible les quarante dernières années de l’art urbain. 50 artistes sont sollicités par la galerie Magda Danysz, leurs œuvres proviennent de collections privées quand elles n’ont pas été créées pour l’événement. Une réussite.

Il y a d’abord le lieu, un bâtiment gigantesque, né en 1902 pour conditionner les matières textiles. A la Condition Publique, les plafonds sont hauts, les édifices en béton et les toits, des terrasses. Une rue couverte scinde en deux l’établissement : rien d’étonnant à ce qu’il soit classé aux Monuments Historiques depuis 1998 !

Après 70 ans de bons et loyaux services dans le contrôle de la laine, la soie ou le coton, la Condition Publique opère un changement radical en devenant un centre culturel.

Un endroit magique pour penser une exposition rétrospective autour du Street art et du graffiti.

Les murs extérieurs du bâtiment affichent la couleur, comme l’œuvre du français Ludo, loin de faire l’unanimité. Un oiseau géant cache des bombes vertes sous ses ailes. «  Nous sommes très fiers et heureux que des artistes du monde entier se soient réappropriés ce lieu historique. » précise Guillaume Delbar, Maire de la ville, se positionnant ainsi nettement face aux critiques entendues.

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Ludo sur le mur extérieur de La Condition Publique : une fresque qui suscite le débat.

Quel intérêt si l’art plaisait à tous ?

In situ, pas de surprises, l’exposition commence avec les racines du mouvement. Les graffiti de l’artiste français (si, si !) Gérard Zlotykamien semblent se déplacer sur le mur blanc, fuyants, comme des ombres inquiètes ou réceptives. Ses silhouettes aux traits flottants s’installent dès 1963 sur nos murs parisiens. L’homme de 77 ans les appelle ses éphémères.

« Tous ces jeunes artistes sont tellement doués. Si je ne suis pas évincé, c’est parce que je fais partie d’une histoire, ce n’est certainement pas pour ma technique. Il y a 15 millions de peintres sur la planète. Si je suis déjà dans le million, ce serait très bien.»

Gérard Zlotykamien investit les rues parisiennes dès 1963
Gérard Zlotykamien investit les rues parisiennes dès 1963

Un peu plus loin, les toiles des graffeurs new-yorkais Futura (né en 1955), Crash et Seen (nés en 1961), autres figures historiques du mouvement, années 70-80. Bien sûr, les peintures colorées de l’américain JonOne (né en 1963) sont présentes dans l’exposition, une voiture bleue recouverte de ses initiales se remarque, inclinée, faussement dangereuse, dans la cour extérieure. Un goût de déjà-vu penseront certains, mais toujours appréciable. Installé à Paris depuis 1987, il apporte un renouveau dans la scène graffiti.

L’arrivée plus marquée de cet art en Europe est également traitée avec les œuvres des français Jef Aérosol (né en 1957) aux pochoirs inquisiteurs ou poétiques, Psyckoze (né en 1969) et ses personnages élancés ou Nasty (né en 1975), reconnu pour ses lettrages acidulés dans le métro parisien.

Psy réalise une fresque portant l’inscription Libérez Keywan Karimi. « Je voulais rappeler le calvaire que vit ce réalisateur iranien. Parce qu’il a consacré un film documentaire sur le graffiti à Téhéran, il est condamné à six ans de prison et 223 coups de fouet. Il a été incarcéré fin novembre 2016.»

Nasty travaille sa fresque en deux jours, sans pochoir. « Je me suis un peu pris la tête ! » avoue-t-il sourire aux lèvres.

L’art urbain devient alors un outil incontournable pour délivrer internationalement un message. L’américain engagé Shepard Fairey (Obey, né en 1970) défend la cause environnementale jusque sur la Tour Eiffel en 2015, le français mystérieux Invader et JR (né en 1983), le portugais Vhils (né en 1987) ou les brésiliens Os Gemeos imposent leurs styles figuratifs dans le monde entier, au moyen de photos, collages, marteaux piqueurs, mosaïques. « No Limit » comme dirait Psy.

L’art est partout, même hors les murs.

Une nouvelle génération d’artistes apparait, poussant plus encore ses retranchements. Les écritures nerveuses du français Tanc ( né en 1979) s’entendraient presque. Répétées, marquées sur la toile comme un rythme, elles provoquent un effet particulier, musical, entêtant. L’Atlas (né en 1978) interpelle avec son installation à même le sol, contraste de noir et blanc, gaffer de mise. On retrouve également une de ses toiles dans l’exposition.

Et que dire de cette image en noir et blanc rehaussée de néons rouges? Elle fascine.

«  C’est une photo de la prison de Loos à Lille. Je voulais que mon travail ait un lien avec la région. L’image est très épurée, très graphique aussi. J’ai préféré jouer avec les perspectives, les rallonger grâce à ces sangles disposées dans l’œuvre, afin que le spectateur entre dans mon univers. » explique l’artiste parisien Katre (né en 1977).

Certains critiqueront les choix artistiques quand d’autres admireront la scénographie élaborée.

Quoiqu’il en soit, Street Génération (s) a le mérite de rappeler que cette forme d’art est sans aucun doute la plus conséquente du 21 ème siècle.

STREET GENERATION(S)

La Condition Publique
40 ans d’art urbain
Jusqu’au 18 juin 2017
Du mercredi au dimanche de 13h à 19h
Tarifs : 5/3 € / Gratuit (-18ans et minima sociaux)
14, Place Faidherbe, Roubaix
Tram, Métro : Eurotéléport
Liane4 – V’Lille : la Condition Publique
http://www.laconditionpublique.com/evenements/street-generations-40ans-dart-urbain/

2 comments on “40 ans de Street art et de Graffiti exposés dans une ancienne manufacture !

  1. popeyel

    Ca donne envie d’aller à Roubaix! Super travail de Tanc, de Nasty et de Psy.

    J'aime

  2. jocelyne chevalier

    Je m’y suis rendue !! c’est magnifique, quelque soit le support, la technique utilisée ces créations sont fantastiques ! Une très belle exposition qui retrace cette belle histoire pour la néophyte que je suis ….le détour sur le toit à ne pas manquer JEF nous y a donné rv
    et à voir dans leur élément …la rue Monge, Franklin, Babylone et le jardin du bonheur…..un plaisir pour les yeux ….
    C’est d’avoir vu LAB 14 que j’ai eu l’envie de découvrir cette expo de Roubaix une très très bonne idée d’escapade !
    A voir adossées à la Piscine …sur le terrain de hand de belles réalisations de Roublaisiens,

    Aimé par 1 personne

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