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Le street artiste belge Nean se prête à La Grande Interview

Nean, jeune street artiste belge, habille les murs de portraits réalistes, aux traits souvent féminins.

Nean, street artiste aux portraits réalistes

Nean, jeune street artiste belge (né à Bruxelles en 1991), habille les murs de portraits réalistes, aux traits souvent féminins.
Sa dernière réalisation en plein cœur de Bruxelles, Live with me ,  montre l’étendue de sa technique, prometteuse. Une jeune fille, anxieuse, frileuse ou pensive, regarde au loin, les poignets proches de son visage, capuche sur la tête. Elle est représentée sous trois angles différents, ses traits ne sont jamais totalement apparents.
L’artiste aime aussi travailler le noir et blanc, les effets d’ombre et d’encre, comme des pensées s’évaporant de ses sujets.

Peux-tu te présenter rapidement ?

Nean, 25 ans, bruxellois, autodidacte. Cela fait maintenant trois ans que je me consacre à plein temps à la peinture.
LIVE_WITH_ME
Live with me, 2017 ©Jodie Thomas

De quelle façon travailles-tu ?

J’ai l’habitude de consacrer beaucoup de temps à la préparation de mon projet, limiter un maximum la part d’inconnu avant d’attaquer la réalisation. Généralement je connais déjà les dimensions ainsi que le support sur lequel je vais bosser, cela me permet de préparer un visuel qui s’intègre au maximum dans l’espace. C’est une fois devant le mur que je me permettrai plus de liberté, généralement dans le traitement des couleurs.
A vrai dire, j’envie le lâcher prise des artistes qui parviennent à s’émanciper d’un support visuel.

Te rappelles-tu d’un moment fort vécu dans la rue ?

Pas un en particulier, mais de manière générale, tous mes moments forts vécus dans la rue sont liés aux rencontres. Je suis toujours surpris des réactions qu’une réalisation peut susciter. Cela peut aller d’un simple geste à la confidence d’un secret lourd à porter.
En fait, je crois que c’est ça qui me plait le plus dans le fait de peindre en rue : se confronter à la réalité des autres. 
BLACK_AND_WHITE
Projet privé avec l’artiste Eyes-B, 2016

Travail dans la rue et travail sur toile ne sont-ils pas antinomiques ?

Tout dépend des valeurs que tu défends, du message que tu veux véhiculer. Dans mon cas, ils ne le sont pas. Je conçois le travail en rue comme celui sur toile : mon intention est la même. Par contre, si je devais les distinguer, ce serait plutôt dans la façon dont je les vis. Je dirais que le travail sur mur comporte une dimension de dépassement de soi sur le plan physique, là où le travail sur toile est plus introspectif et suggère de se réinventer, d’emmener plus loin sa peinture.
BLINDED_BY_THE_LIGHTS
Blinded by the Lights, 100 x 160 cm, Aérosol sur toile, 2016

Penses-tu que les artistes doivent être engagés ?

Non, pour moi l’artiste ne doit rien être du tout si ce n’est libre. Il y a une notion d’obligation dans le devoir. Je préfère l’idée selon laquelle chaque artiste est doté d’une responsabilité vis-à-vis de ce qu’il souhaite exprimer, à lui d’en faire ce qu’il veut.

Un sujet qui t’agace vite ?

« Street art : art ou vandalisme ? », plus cliché tu meurs. Ce bon vieux sujet récurrent des conférences et reportages. Je le trouve réducteur en plus d’être un faux débat. A-t-on besoin de définir les choses à ce point pour pouvoir les apprécier ou non ?
COMPANION
Companion, 100 x 120 cm, Technique mixte, 2017

Un sujet sur lequel tu pourrais parler des heures ?

Les films qui m’ont marqué. Actuellement je me replonge dans la filmographie du réalisateur grec Yórgos Lánthimos. Je ne sais pas si tu as déjà eu l’occasion de voir un de ses films, mais je te recommande « Canine » et « The Lobster ». La façon dont il aborde des sujets comme ceux de la famille ou de l’amour en brisant la limite entre absurde et réel, franchement c’est incroyable.

Ta dernière grande satisfaction ?

Lorsque j’ai eu le sentiment de progresser et d’avoir compris la peinture après plusieurs jours passés sur une toile.
THE_SPINNERS
The Spinners, 200 x 300 cm, Aérosol sur toile, 2016

Ta dernière grande déception ?

Juste après, lorsque j’ai réalisé que je n’avais encore rien compris à la peinture (rires).

La dernière actualité qui t’a choqué ?

Le retrait des États-Unis de l’accord de Paris… Je ne pensais pas qu’un tel retour en arrière était possible.( NDLR : Le Président des États-Unis Donald Trump, a annoncé jeudi 2 juin qu’il souhaitait faire sortir son pays de ce traité international historique sur le climat. L’accord de Paris est entré en vigueur en novembre 2016, il a été approuvé par 195 délégations. Son but est de contenir le réchauffement climatique.)
INTERFACES
Projet Interfaces, 2016 ©Jodie Thomas

Une personnalité que tu adores ?

Mmmh pas facile… Ce n’est pas très original mais je serais tenté de dire Thom Yorke. J’ai un profond respect pour ce qu’il incarne, les valeurs qu’il porte, et au-delà de ça : la façon dont il parvient sans cesse à se renouveler. ( NDLR : Thom York est le chanteur guitariste du groupe de rock alternatif anglais Radiohead)

As-tu déjà été influencé dans ton art ?

Oui, je le suis tout le temps, j’ai même le sentiment que j’en redemande !
Je crois que le fait d’être influencé est inévitable lorsqu’on cherche à se construire une identité. Je vois même ça comme quelque chose d’assez positif. J’écoute énormément de musique, consomme beaucoup de films.
Il n’est pas rare qu’une de mes peintures soit directement inspirée d’une ambiance que m’évoque un morceau de musique. D’ailleurs on m’a souvent parlé d’une dimension cinématographique importante dans mon travail.

Une personnalité décédée que tu aurais adoré rencontrer ?

Le chanteur français Mano Solo, sans hésiter. (NDLR : Mano Solo, Emmanuel Cabut, est décédé du SIDA en janvier 2010.)
HIDE
Hide 150 x 100 cm Technique mixte, 2017

Ta chanson du moment

J’adore Ólafur Arnalds & Nils Frahm et le titre Four :

Tes prochains projets

Je prépare actuellement une exposition en duo avec un autre artiste, mais malheureusement je ne peux pas encore trop en parler.
Autrement, j’ai le plaisir d’être invité, en septembre, par l’artiste Benjamin Duquenne pour honorer la commande d’une fresque murale participative de 500m² en partenariat avec la ville de Roubaix et ses habitants. Cela promet d’être une belle expérience à tous les niveaux.
Fin septembre, j’aurai également l’honneur d’être aux côtés d’artistes prestigieux, à la Défense à Paris, pour la troisième édition de l’Underground Effect organisée par le projet SAATO. ◊
Nean expose à la galerie Martine Ehmer
Jusqu’au 16 Juillet
200 rue Haute
1000 Bruxelles

1 comment on “Le street artiste belge Nean se prête à La Grande Interview

  1. Les Machecourt te suivent avec intérêt et…affection.Ne désespérons pas d’aller sur place, discrets et admiratifs.

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