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Les dessous de Star, film documentaire sur le graffiti

Star n’est pas seulement un film sur le Graffiti vandale, c’est aussi un documentaire. Souvent, le réalisateur, lui-même graffeur au sein du crew GT, a laissé la caméra tourner. Une improvisation qui donne

Le réalisateur et graffeur Marc-Aurèle Vecchione raconte en photo, les dessous de cette création hors norme.

Star n’est pas seulement un film sur le Graffiti vandale, c’est aussi un documentaire. Souvent, le réalisateur, lui-même graffeur au sein du crew GT, a laissé la caméra tourner. Une improvisation qui donne un grain particulier au film, tout comme le choix des acteurs souvent non professionnels, presque tous artistes dans la vraie vie.

Star, garçon en quête identitaire, c’est lui, Marc-Aurèle Vecchione. Une histoire autobiographique dont il tire ce long métrage. On sera touché par l’investissement personnel du héros, sa remise en question. Si la trame manque certaines fois de profondeur,  on retiendra surtout de ce film-documentaire, le parcours initiatique du jeune graffeur : une volonté artistique presque narcissique, brisée par la réalité d’un marché exigeant, ou la fin des illusions comme passage à l’âge adulte.

Rencontre en 7 photos, au cœur du projet :

1. Scène volée et gardée

Screen Shot 2016-04-12 at 09.30.08
Je voulais que mes acteurs soient le plus naturel possible. Cette photo montre vraiment l’esprit du film : des scènes écrites mais aussi beaucoup de moments spontanés.

Les acteurs ne se connaissaient pas encore vraiment quand ils ont tourné – malgré eux- cette scène. Ils s’étaient vus une fois, un tournage réalisé de nuit, lorsque la jeune femme (Astrid Meloni) fait la connaissance des graffeurs.

La séquence se passe dans le métro, et tous pensaient que la caméra était éteinte. L’actrice réalise un poirier ou plutôt un ‘cochon pendu’ et Star (Finlay Murphy), lui rattrape naturellement les pieds. Il avait les yeux qui pétillaient. L’échange entre les deux était vraiment sympa, j’ai donc gardé cette scène volée.

2. Improvisation

Séquence 1
Michael Kaves, se met à parodier un film culte, The Warriors, du réalisateur Walter Hil. Ça n’était pas du tout prévu !

J’aime beaucoup cette photographie car elle montre la joie, l’énergie qui peuvent se dégager d’un groupe de potes. Ils viennent de peindre un train et sont euphoriques. Je tenais à cette séquence mais elle a pris une tournure encore plus forte que ce que j’espérais. L’acteur Michael Kaves, également un des grands graffeurs de Brooklyn, parodie la chanson finale du long métrage légendaire The Warriors de Walter Hil (1980).

C’était génial d’avoir cette référence dans mon film et encore plus par Kaves, également chanteur du groupe Lordz of Brooklyn !

3. Une culture encore trop conventionnelle

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Cette photo est l’essence même du film, il était intéressant de la confronter à de la musique moderne.

 

Star est en train de peindre un train, geste initial du film. J’ai adoré monter cette séquence sur le son de l’artiste anglais James Holden, DJ et compositeur de musique électronique.

Ça changeait un peu de ne pas associer le graffiti au rap. Il y a un côté très réac avec le graffiti, très conventionné ! Cette culture est beaucoup moins moderne que d’autres. Les choses évoluent, mais lentement. Superpositionner le geste sacré du graffeur avec une musique moderne, me plaisait donc particulièrement.

Et puis ce passage-là est d’autant plus important que le héros est en pleine transformation. Il arrête d’écrire son nom pour délivrer un message à travers son dessin.

4. Graffiti et toiles, deux mondes inconciliables

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Le graffiti est libre et n’a pas de fin commerciale. La toile ne peut donc être son support.

Sur cette photographie, on voit Hater, l’ami de Star, taguer au pinceau et sur une toile.

Comment peut-on vouloir réaliser un tag sur une toile ? C’est un médium totalement inadapté puisqu’il se commercialise. Le graffiti est un cri d’adolescent, un monologue, un « moi, moi, moi » écrit partout dans la ville. Le geste se veut spontané, la portée artistique, éphémère et non lucrative.

 

Tout le contraire du Street art, comparable à un dialogue. Ce n’est pas un adolescent qui peint mais un adulte très conscient de ses actions. Il commercialise son art avec l’aide de la cité. C’est du graffiti pour les grands-mères !

Mais le graffiti doit rester libre, il ne peut définitivement pas trouver sa place sur toile.

 5.Jeu du chat et de la souris

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Si tu veux vraiment aller jusqu’au bout, tu n’échapperas pas à la police.

Il est évident qu’à mettre ton nom partout dans la rue, tu ne t’attires pas que des amis.

Si tu es actif, tu es forcément repéré par la police. Mais tu le sais, ça fait partie du jeu. Cela arrive souvent quand tu es au bout de ta mission. Tu vois arriver soit les flics, soit le monde de l’art.

Le système vient te chercher pour te réprimer et te faire payer ou au contraire pour te donner de l’argent afin que tu continues, mais en galerie.

Cette scène montre aussi la réalité du milieu : avant, il n’y avait aucune logique dans le prix des amendes, c’était au bon vouloir. Ce temps là est révolu, les contraventions sont beaucoup plus normées. Mais il est encore possible de faire de la prison pour du graffiti.

6. Ils sont fous ces romains !

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Il y a un côté grotesque dans cette scène, c’est ça qui me plaisait.

J’avais repéré devant le Colisée romain, un groupe de jeunes gens habillés comme des soldats légionnaires. Ce sont des comédiens romains qui se font prendre en photo avec le touriste, moyennant rémunération. Je tenais à ce nous ayons une scène avec eux. Les graffeurs, juste après cette rencontre, vont écrire sur un train Sono Pazzi Questi Romani, détournement de SPQR, Senatus Populus Romanus : Ils sont fous ces romains. Je trouvais la scène amusante.

7. Le graffeur descend du singe

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Si on pose notre nom partout dans la cité, c’est forcément pour être considéré, pour faire son mâle dominant.

Cette scène, très symbolique, est la dernière du film. On y voit le héros, ses traits cachés derrière un masque de singe.

Le garçon s’approprie des espaces publics pour y écrire son blase. Il veut laisser une empreinte, pour exister, être reconnu. Sauf que sa notoriété est en quelque sorte volée, empruntée : il sait qu’il est hors loi à agir ainsi.

Le graffeur veut montrer sa force, se comparer, susciter les regards féminins. Comme un animal.

Il est dans cette démarche pour attirer le regard de la société. Une considération essentielle à ses yeux. ◊

Star (2016)
Écrit par Marc-Aurèle Vecchione et Serge Bondt
Avec Finlay Murphy, David Sari, Michael Kaves, Romain Le Pabic, Astrid Meloni, Blqck Picqsso, Emmanuel Lapalus, Serge Bondt
80 mns Sortie 3 avril 2017
Trailer : https://www.youtube.com/watch?v=lspkxyuPkI8

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