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Un calendrier de l’Avent street art grandeur nature à Strasbourg

A Strasbourg, une fenêtre d'un immeuble Haussmannien s'ouvre chaque jour sur une œuvre de street art.

L’info n’a pas pu vous échapper, circulant comme une traînée de poudre : depuis le 1er décembre, les Strasbourgeois ouvrent un calendrier de l’Avent bien particulier. Chaque jour, à 17h30, une  fenêtre d’un immeuble Haussmannien s’ouvre sur une nouvelle œuvre de street art. Bonne ou mauvaise idée ?

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« Once Upon a Time », œuvre de Lenz, jour 1 ©Streep.fr

On connaît tous la ville de Strasbourg comme chantre de la tradition avec son fameux marché de Noël – autrement nommé «Christkindelsmärik» – dont les effluves de sapin, de vin chaud à la cannelle et de marrons grillés se répandent depuis 447 ans. Mais connaissez-vous le Strasbourg de l’avant-garde, celui qui innove pour dépoussiérer les fêtes de fin d’année ? Depuis trois éditions, l’événement le plus couru d’Alsace se dote en effet d’un OFF apportant une bonne dose de pep’s à un folklore charmant mais quelque peu désuet. Ne reculant devant aucune ambition, le marché de Noël OFF 2017 a ainsi fait fort :

transformer la façade d’un immeuble en gigantesque calendrier de l’Avent, dévoilant chaque jour une œuvre de street art à ses fenêtres.

L’audace pour leitmotiv

A l’origine de cette initiative, il y a Anne Siegel. Elle qui vit et travaille à Strasbourg depuis 25 ans n’a apparemment aucun rapport avec le monde du street art, si ce n’est une passion pour ce genre pictural. Mais l’arrivée dans sa boîte aux lettres, cet été, d’un appel à projet émis par la mairie a convaincu cette directrice d’agence événementielle de se lancer dans l’aventure. Grâce à son expérience dans l’organisation, à un large réseau de fournisseurs pouvant l’aider dans sa réalisation et au carnet d’adresse bien fournis en contacts d’artistes d’une amie, Anne a donc pu concrétiser son idée en quelques mois seulement. Quant au choix de l’immeuble investi, il s’est rapidement porté sur celui où est installée la société d’Anne puisqu’il se situe à 150 mètres de la gare, à l’angle de la rue Kuhn. De plus, la propriétaire n’a pas été trop compliquée à convaincre, belle-soeur compréhensive !

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Jour 9, œuvre de Ipiapia : une colombe sur fond bleu roi, décorant la cathédrale ©Streep.fr

«J’aimais le fait d’animer la façade d’un édifice un peu bourgeois avec des œuvres souvent décalées», nous explique Anne. Qui se revendique sans complexe néophyte : «Pour la sélection des artistes, nous avons retenu les vingt quatre premiers ayant répondu à notre offre. Je ne me sentais absolument pas légitime pour décider qui pouvait participer ou non.» On retrouve ainsi onze graffeurs, sept photographes et six illustrateurs/peintres, alsaciens ou non, d’envergure internationale (comme Zenoy, Dinar, Ender, Lenz, etc.) ou non (mais tous bénévoles). Une diversité de parcours autant que de techniques et de sujets abordés, ne devant répondre qu’à une thématique : donner sa vision du Noël alsacien. Du marchand de marrons par Le rêveur d’images, aux Bredele typiques de Karine Faby, en passant par la colombe de la paix virevoltant autour de la Cathédrale de Strasbourg signée Ipiapia, aucune œuvre ne ressemble à une autre.

Et c’est une prouesse quand on sait que les 24 artistes ne se sont pas consultés au préalable ! Chacun a en effet créé dans son atelier, peignant directement sur une planche de forex (matière PVC blanche résistant aux intempéries) de un mètre sur cinquante cinq centimètres ou faisant imprimer sa production dessus, avant de se rencontrer pour la première fois lors de l’inauguration du 1er décembre.

Un galop d’essai à peaufiner mais engagé sur la bonne voie

Alors, certes, on peut regretter le format réduit des panneaux, accrochés au garde-corps des fenêtres ou sur des chevalets à partir de 17h30, qui les rendent difficilement visibles de la rue. On reprochera aussi le côté un peu brouillon du concept : les toiles sont exposées dans ce qui semble être un magasin de cuisine. Certains jours déjà passés n’ont pourtant pas d’œuvres accrochées.

Mais on ne peut s’empêcher de saluer le concept et la prise de risque d’Anne Siegel. Car l’entrepreneuse a financé presque seule l’entièreté du projet, ne comptant que sur la générosité de quelques sponsors locaux comme le magasin Géant des Beaux-Arts (pour le matériel), l’Hôtel voisin ou la boulangerie (qui a confectionné des gâteaux pour la cérémonie d’ouverture de la première fenêtre).

Placé sous le signe du partage, ce calendrier de l’avent insolite restera visible jusqu’au 6 janvier. Puis les œuvres seront décrochées et vendues aux enchères au profit de l’association L’Alsace contre le cancer. «Tous les artistes ont accepté de vendre leurs créations, à condition que l’argent revienne à des enfants, pour rester dans les valeurs et l’esprit de Noël», souligne Anne. La plupart des participants ont d’ailleurs exprimé leur souhait de réitérer l’expérience l’année prochaine. «Cette fois, je pense à mettre en lien des artistes et des entreprises issues de secteurs différents, régionales ou nationales, afin de les embarquer dans une opération artistique commune », précise Anne. Qui reconnaît, en plaisantant, qu’elle s’y prendra aussi plus à l’avance.

Si vous passez par Strasbourg en cette fin d’année, levez la tête au niveau de la rue Kuhn pour apprécier l’idée de ce calendrier de l’avent inédit. Il n’est pas l’attraction principale de la ville en cette période de fin d’année mais le concept est à saluer. Pour un sans faute l’année prochaine ? ◊

Clotilde Gaillard pour Streep.fr

 

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