Le jeu des 7 photos News

L’artiste Mambo se prête au jeu des 7 photos !

L’artiste Flavien, alias Mambo, propose avec la Kolly Gallery une exposition très personnelle

A partir du 18 janvier, l’artiste Flavien, connu également sous le nom de Mambo, propose avec la Kolly Gallery une exposition très personnelle, Telegraphic : noir, blanc et verticalité poétique. L’occasion d’approcher cet homme multiculturel ayant grandi en Amérique du Sud puis à Paris et vivant désormais à Los Angeles.

L’artiste français Flavien Demarigny pense une exposition minimaliste pour la galerie Kolly (Suisse) autour de deux champs sémantiques : le noir et le blanc. De ces deux couleurs symboliques naissent ses œuvres aux traits créatifs exclusivement conçus autour de la verticalité. On reconnaîtra sa manière bien à lui de concevoir l’énergie et la vivacité complexe de son labyrinthe artistique, toujours très mental, visuel et accrocheur. Mais puisque le geste se veut unique, l’homme signe cette série par son prénom, uniquement. Une façon d’affirmer cette différence artistique.

Nous lui avons demandé de nous raconter son parcours à travers sept photos :

Asnières 1992

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J’ai commencé à peindre en 1985 dans la rue et à la maison, sur des objets trouvés. J’ai toujours eu une pratique d’atelier parallèlement à celle de la rue, mais je n’ai fait mon premier solo show qu’en 1999, à Chicago.

Sur cette photo, je termine une série de toiles à la bombe dans l’atelier d’Asnières, en 1992. Inspirées de dessins faits dans le train pour passer le temps, elles sont les prémices des séries Brainology qui verront le jour quinze ans plus tard. La pièce en haut à gauche était déjà un bois découpé, comme ceux que je réalise aujourd’hui (photo 6).

Centre Pompidou, Paris 2008

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©Marc Lafon

Entre mes débuts et cette photo, il y a eu une multitude de pistes de recherches différentes, allant de l’expressionnisme abstrait, au portrait hyperréaliste, symbolique, la manipulation des signes et pictogrammes, l’action painting ou encore la caricature. Certaines de ces séries ont été très poussées et ont donné lieu à des expos solo, les autres ont été mises de côté. Quoiqu’il en soit, c’est en 2008, lors de l’exposition Peinture Fraîche en collaboration avec 9ème Concept, que j’ai trouvé la série ayant rassemblé toutes ces pistes. L’une d’elles allait me permettre de m’exprimer pleinement : Brainology. Lors de cette exposition, j’ai peint en direct devant le public du Centre Pompidou, pendant trois mois, six jours par semaine. C’était une pression énorme, sans droit à l’erreur dans un cadre pareil, avec un effet dopant pour mon inspiration.

J’y ai mis au point mon process en deux temps. Il consiste à créer des réseaux graphiques en lignes épaisses puis à occuper les formes provoquées par celles-ci avec des dessins et trames, plus fines. Elles sont disséminées en une recherche d’équilibre et d’intuition, laissant libre cours au sens qu’elles peuvent évoquer, aux histoires qui s’écrivent.

Galerie Agnès B, Paris 2009

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©Mambo

Deux cent mètres plus loin et un an plus tard, je prenais cette photo lors de l’expo Graffiti, état des lieux à la galerie Agnès B. Un moment fort, personnellement et artistiquement : c’était la première fois que je réalisais une pièce aussi grande avec ce style. Mon père était décédé quelques semaines avant et au moment de la réalisation de cette série, ma mère se trouvait en soins intensifs à cause d’un AVC très grave. Autant dire que c’était très chargé émotionnellement ! La tache orange est la tumeur qui a tué mon père. L’AVC qui frappait ma mère à ce moment-là et qui l’a laissée muette et aphasique depuis, est une des raisons qui m’ont amené à lire des livres sur le cerveau et à comprendre le lien qu’avaient mes tableaux avec celui-ci.

Les premières années de Brainology étaient narratives, inspirées par mon quotidien, mes rêves, mes sentiments enfouis ou la vie en général, les comportements humains, contemporains ou intemporels, universels. Ces peintures sont à la fois des illustrations instantanées du contenu de ma boîte crânienne mais aussi une façon d’activer le cerveau du spectateur, par des idéogrammes, énigmes et pistes de lecture multiples.

Volklingen, Allemagne 2017

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Usine sidérurgique de Völklingen, Allemagne ©Völklinger Hütte

Depuis 2015, les oeuvres Brainology sont complètement abstraites. J’ai toujours en tête cette idée de carte du cerveau, j’utilise toujours cette méthode graphique en deux temps. Aujourd’hui, je considère ces œuvres comme des cartes de notre monde, qu’il soit réel ou virtuel, dans lequel nous sommes tous interdépendants, connectés, que ce soit par l’informatique, la démocratie, la vie sociale. Comme le sont les racines des arbres, les planètes, les particules… les exemples ne manquent pas, et nos neurones, synapses, nos émotions, nos souvenirs, fonctionnent de la même manière.

Cette fresque circulaire est à l’intérieur d’une cheminée en brique, dans l’ancienne fabrique d’acier de Völklingen (allemagne), aujourd’hui patrimoine universel de l’Unesco où a lieu la Urban Art Biennale. C’est vraiment une belle histoire parce que j’avais imaginé cette installation trois ans avant que le support ne me soit proposé (je pensais d’abord le construire en bois). Aussi parce que mon arrière grand-père, du côté français de ma famille était un constructeur de cheminées en brique pour les usines en France. La boucle est bouclée.

Los Angeles / New York 2017

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©Mambo/ Nelson Hancock

En 2016, j’ai commencé à mettre en volume les séries Brainology par le biais de constructions en bois, également peintes. Ici on aperçoit cinq pièces que j’ai conçues pour une collection privée à New York. Les œuvres ont été réalisées à l’atelier d’Echo Park, à Los Angeles.

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©Mambo/ Nelson Hancock

J’ai ensuite créé une fresque là où elles ont été installées, pour qu’elles s’y intègrent bien. L’idée est d’augmenter l’expérience immersive, contemplative, en augmentant le degré de folie de mon travail.

Telegraphic Zurich 2018

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©Mambo

Depuis 2015, j’ai commencé une nouvelle série de tableaux, parallèle aux Brainology et autres œuvres signées Mambo, mais avec mon prénom, Flavien, pour bien différencier ce nouveau travail.

Je préfère que ces toiles soient vues et lues séparément, s’agissant d’une démarche très différente à mes yeux. C’est un peu comme le chanteur anglais Damon Albarn qui a cofondé le groupe Blur d’un côté et le groupe Gorillaz de l’autre.

Le concept des séries Flavien est d’explorer les possibilités à partir d’un geste simple : un coup de pinceau vertical.

Telegraphic à la galerie Kolly de Zurich sera le deuxième solo show du genre, avec pour seules couleurs le noir et le blanc. D’où le choix de cette photo, mon garage à Los Angeles. Je trouve qu’il est important de poser les bases graphiques du concept, en un minimalisme extrême, avant d’aller plus loin.

Catalogue d’exposition : découvrir les oeuvres présentées

L’idée de ces séries a germé depuis longtemps dans mon esprit, quand j’étais assistant de l’artiste américain conceptuel Sol Lewitt (1928-2007) en 1994-1995. Mes expériences        d’‘action painting’ menées à l’atelier de Vincennes en 2006 m’ont également influencé.

Si la forme diffère beaucoup des séries Brainology, pas le fond : je pense que ces œuvres ont toujours un lien avec le cerveau et certaines structures naturelles ou artificielles qui nous entourent. ◊

Flavien
Solo Show
Telegraphic
Du 18 janvier au 17 février

Kolly Gallery
Seefeldstrasse 56
8008 Zürich (Suisse)
+41 44 252 55 66

kollygallery.ch
www.mambo.vu

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