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Street’Art’Magnac : un festival qui a la niaque

L'événement revient égayer de ses fresques monumentales le Gers, pour une quatrième édition, du 16 au 22 avril.

L’événement revient égayer de ses fresques monumentales le Gers, pour une quatrième édition, du 16 au 22 avril 2018.

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Street’Art’Magnac est à l’image du spiritueux auquel il emprunte habilement son nom : puissant, fruit d’un labeur intense et joyeux. La seule différence entre cet alcool et le festival c’est que l’on peut abuser sans modération de ce dernier. Et on aurait tort de s’en priver car, cette année, la récolte est particulièrement bonne et enivrante : Alber, Pakone, Antistak, Monsieur Plume, Arko, MG La Bomba, Zélie, MC 1984, etc. En tout, ce sont une vingtaine de street artistes de renom et de toutes régions qui se retrouvent à Eauze (prononcez «éoze») et ses environs.

Dans le rôle «viti-curatrice» : Nicole Dauguen. Une dynamique sexagénaire qui, de son propre aveu, pourrait «parler des heures durant» de son projet.

Nouvelle jeunesse dans le Gers

La genèse de Street’Art’Magnac a pris racine dans les terres gersoises en 2015. Soit un an après que Nicole, retraitée du rail, se soit définitivement établie dans cette région dont elle est tombée amoureuse il y a plusieurs décennies. «Avant de déménager, j’habitais dans le 77 où je faisais du bénévolat dans la communauté Emmaüs. L’un des responsables, qui était artiste peintre, avait un jour organisé un événement pour rendre hommage à l’Abbé Pierre et fait venir quelques street artistes. C’est là que j’ai fait la connaissance de Gregos, Kashink, Jeff Aérosol, Kouka, MG La Bomba, Mimi The Clown… A partir de là j’ai commencé à regarder différemment cet art.», raconte-t-elle.

Il y a trois ans, avec dix artistes à l’affiche et seulement deux personnes à l’organisation, l’aventure Street’Art’Magnac débute. Aujourd’hui, le festival n’a plus rien d’amateur. Vingt quatre virtuoses de l’art urbain se retrouvent désormais à Eauze et aux alentours pour une semaine de création intense.

Encadré par une équipe de bénévoles dont une poignée de jeunes, l’événement se révèle fédérateur. «Le street art touche toutes les générations. Beaucoup de personnes âgées viennent voir les réalisations et adorent. Maintenant, ce genre artistique est même présent dans les écoles, enseigné par des professeurs d’art plastique», s’enthousiasme Nicole Dauguen.

Doudou Style (à droite) et Black (à gauche) – Domaine de Pajot ©Festival Street’Art’Magnac

Autre changement notable depuis les prémices de Street’Art’Magnac : le soutien des habitants de cette petite commune occitane qui, au départ, avaient pourtant peur de voir leur village défiguré. Quant à la mairie, adhérant immédiatement au projet, elle contribue financièrement à l’événement par le biais de l’association ECLA (Eauze Culture Loisirs Animations). Elle est rejointe dans ses subventions par le département et peut-être bientôt la région. Une reconnaissance des institutions, «nous espérons être définis comme une ‘diffusion artistique’ et non plus en tant que ‘manifestation diverse’», s’amuse Nicole. Il faut dire que la fondatrice ne démérite pas, s’échinant aux préparatifs de cette semaine, six mois de l’année.

Découvrir le street art, la région…mais pas que !

Mûe par une volonté de faire se rencontrer le monde rural et l’univers urbain, Nicole Dauguen a placé le festival Street’Art’Magnac sous le signe de la gratuité et de la liberté. Des gens venus de toute la France et même des anglophones installés dans le département «se baladent, suivent le parcours indiqué dans un plan que nous leur fournissons». Quant aux artistes, libres de leur thème créatif, ils viennent bénévolement, mais sont «nourris, logés et blanchis» sur place, grâce aussi aux habitants et commerçants de la ville.

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MG la Bomba ©Festival Street’Art’Magnac

«Les artistes sont dans un état d’esprit de partage. En participant ils profitent pour faire connaissance entre eux, élargir leur réseau et même échanger sur des techniques de graff», décrit la responsable de l’événement. Leur présence s’avère toutefois limitée à trois années consécutives pour une question de diversité chère au cœur de Nicole.

Cette année, on croisera des supports insolites que les viticulteurs de la région mettent à la disposition des artistes – Monsieur Plume, MG la bomba et Sun C vont ainsi réaliser 900 m2 d’un chai en béton à presque dix mètres du sol, dont la toiture arquée sera exclusivement visible du ciel. Des cours de break-dance et des ateliers d’écriture rap pour initier les bambins à l’urban culture. Un rallye-jeu pour les familles intitulé «chais d’oeuvre» et des ateliers d’initiation au graffiti et au pochoir sont également prévus place de la cathédrale, ce samedi.

Bien sûr toutes les œuvres des années précédentes (sauf deux qui ont dû être effacées) sont à (re)découvrir dans la ville. Autant d’activités visant à mettre en avant le patrimoine et le terroir gersois par l’intermédiaire populaire de l’art urbain.

GÜTAN et ZELIE 2017
Gütan et Zelie ©Festival Street’Art’Magnac

Street’Art’Magnac tend à se bonifier avec les années. Et ce n’est pas Nicole Dauguen qui dira le contraire, avec tant d’envies en tête pour faire évoluer son festival. Elle souhaite faire venir des artistes étrangers, impliquer toujours plus les producteurs de la région dans le développement du projet. Son idée est aussi de mettre à disposition un mur d’expression libre sur la façade d’un gîte où les œuvres se succéderaient, à l’image du mur Oberkampf à Paris.

Alors, pour reprendre une expression bien gasconne, on va «finter» ça de très prêt ! ◊

Clotilde Gaillard pour Streep

 

Street’Art’Magnac
Du 16 au 22 avril
A Eauze -Gers (32)
Et dans un rayonnement de 15 kms autour
Gratuit

Facebook Street’Art’Magnac 

www.streetartmagnacfestival.com

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