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Un Festival d’art urbain au Cambodge

Depuis 2015, le festival Cambodia Urban Art dessine les murs de la capitale cambodgienne, non sans quelques difficultés.

Depuis 2015, le festival Cambodia Urban Art dessine les murs de la capitale cambodgienne, non sans quelques difficultés.

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H11235, artiste népalais, 2017 ©Chifumi

Pnomh Penh, la perle de l’Asie du Sud-Est, capitale énergique du Cambodge dessinée par nos soins coloniaux. Également tristement réputée pour son ancienne prison khmère rouge devenue musée, S-21 où périrent dans les années 70, entre 16 et 20000 prisonniers sous la folie de son directeur, le Duch.

La ville est depuis la plus peuplée du Cambodge. Ballet incessant des motos aux trois, quatre, voir cinq passagers, cacophonie sonore, beauté des couleurs, plaisir culinaire. Mais d’art urbain, voilà qui est plus incongru ! Et pourtant…

Du Street art sur les murs de Pnomh Penh

En 2015, deux artistes français expatriés décident de tenter l’aventure, lancer un festival d’art urbain au Cambodge.
«Je suis expatrié au Cambodge depuis 2013. La première chose qui m’a frappé en arrivant ici est de ne voir aucune marque d’intervention artistique en espace urbain.» raconte Jérôme alias Chifumi, également graphiste, photographe et vadrouilleur de 31 ans.

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Chifumi, Phnom Penh, édition 2017 ©Chifumi

«A cette époque la scène street art était totalement inexistante. J’ai donc décidé avec mon collègue peintre Théo Vallier (37 ans), d’organiser un évènement autour de cette culture. L’idée était surtout de faire découvrir aux cambodgiens les joies de l’expression de rue.»

Le festival Cambodia Urban Art était né, en partenariat avec l’Institut Français de Phnom Penh.

«Des le premier opus, la réaction du public à été très forte. L’évènement était suivi par la jeunesse locale et le milieu expatrié. Je pense que cela correspondait à une attente des habitants de Phnom Penh : un évènement culturel gratuit et pertinent. J’ai aussi été très étonné par l’implication de jeunes artistes cambodgiens. Sûrement un déclic pour eux, car depuis, je peux suivre leur créations à travers la ville.» Chifumi

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Chifumi et Théo Vallier, édition 2016 ©Chifumi

Cambodia Urban Art, Part II

Les artistes français Mioshe, Eltono et Goddog sont invités à la 2 ème édition, en 2016. L’avignonnais Goddog en garde un grand souvenir: «Je suis venu quinze jours, j’ai choisi de réaliser une fresque très graphique, colorée, avec comme à mon habitude, du symbolisme. La culture est vraiment différente là-bas. Il faut être patient, accepter les contraintes, le regard peu indulgent de certains passants qui ne sont pas du tout habitués à cet art de rue.» Une expérience positive ? «Oui j’ai beaucoup aimé, majoritairement les gens étaient curieux avec une véritable envie de découvrir. Mon art a plutôt été bien accepté, la fresque existe toujours !»

Et la suite ?

La troisième édition a eu lieu en décembre dernier, avec essentiellement des artistes locaux. Mauvaise nouvelle, l’Institut Français de Phnom Penh ne suivra pas. Baisses budgétaires effectives, système de fonctionnement cyclique ? Un coup dur pour les organisateurs qui trouveront à s’adapter.

«Cette année auront lieux les élections au Cambodge, je pense en profiter pour faire évoluer Cambodia Urban Art en biennale et avoir ainsi un instant de recul.» précise Jérôme dont l’événement ne cesse de grandir. «De plus en plus d’artistes nous envoient des demandes de participations, c’est complètement valorisant pour un festival aussi jeune !»

Cambodia Urban Art confirme le succès planétaire d’un art sans limite. ◊

Adèle Lacroix pour Streep

Cambodia Urban Art
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