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Maye, Sainer, Momies, Sonny, Sebas Velasco…au Street Art Fest de Grenoble

Depuis quatre ans et pendant un mois, la ville de Grenoble accueille des artistes urbains internationaux pour un festival taille XXL. Discussion avec Jérôme Catz son fondateur, et Inaki Hernandez Contreras, coordinateur.

Street Art Fest est un jeune festival qui ne cesse d’évoluer. Même sa durée a été rallongée, passant de 3 semaines à un mois. Une réussite ?

Avec cette quatrième édition, le Grenoble Street Art Fest affirme la possibilité de faire vibrer toute une métropole durant un mois complet. Nous ne réalisons pas le plus grand festival en Europe sans une ambition assumée, notamment par la sélection des artistes invités, la prise en compte de la scène locale existante, l’accessibilité pour tous aux réalisations des artistes ou la médiation autour de ces œuvres.

Le sentiment est très positif du point de vue des habitants de Grenoble et de l’agglomération, qui de plus en plus deviennent curieux, nous demandent des informations concernant le festival, nous suivent sur les réseaux sociaux, font du parcours Street Art la visite la plus demandée à l’Office de Tourisme, etc.

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L’artiste polonais Sainer et l’espagnol Sebas Velasco ©Streep

D’autre part, nous plaçons la barre très haute avec les efforts constants d’une équipe de quatre personnes qui travaillent pour l’organisation du festival tout au long de l’année. 64 artistes ont participé à notre festival et plus de 84 interventions ont été réalisées pour donner à Grenoble et aux villes de la Métropole un lieu privilégié sur la scène du Street Art international et donner l’envie de les regarder autrement, avec des œuvres qui incitent à la réflexion ou simplement font sourire.

En quoi l’art urbain a t-il eu-t un impact sur la ville de Grenoble ?

On a constaté que la ville de Grenoble ainsi que la métropole grenobloise qui, de plus en plus participe à l’expansion de l’art urbain, ont rajouté le «label Street Art» comme produit marketing touristique. Cela a permis de créer une image différente de la ville que l’on connait, autre que les Jeux Olympiques, les montagnes et les sports d’hiver.

Nous essayons de placer le festival au maximum en hypercentre, ne reléguant pas ou peu les images «street art» en périphérie. On compte ainsi une majorité de réalisations dans le quartier central et gentrifié de Championnet, et nous commençons, depuis l’année dernière, à créer différents parcours dans différents quartiers et différentes villes ponctués de nombreuses œuvres.

Vous souvenez-vous d’un moment, anecdote, difficile à gérer ?

Dans un festival d’une telle envergure, il est difficile de tout gérer à la perfection : il y a beaucoup de choses auxquelles il faut penser pour que tout se passe dans les meilleures conditions.

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Vesk ©Streep

Par exemple, il nous arrive d’avoir des problèmes dans les commandes de bombes de peinture. Comme ces commandes sont faites en fonction des besoins des artistes, si nous n’avons pas la totalité des produits, cela peut rapidement poser problème !

Le temps est capricieux aussi, et malheureusement, nous ne pouvons pas vraiment jouer là-dessus. Bien des fois, les artistes ont dû arrêter leur travail à cause de la pluie, ce qui cause des retards. Ce sont les aléas d’un festival en plein air !

Et d’un moment fort humainement ?

La capacité humaine et la communication quotidienne avec les différentes équipes formées durant le Festival (stagiaires et bénévoles) est la partie la plus transparente du Festival. Pendant que nous voyons la réalisation des œuvres, de nombreuses conversations intéressantes ont lieu.

Pour ma part (Inaki), j’ai adoré découvrir des univers artistiques variés ainsi que la gestion d’une équipe.

Quels sont les points forts de cette nouvelle édition ?

Le Festival se base sur deux objectifs forts : la réalisation d’œuvres artistiques visibles par toutes et tous et la rencontre entre les artistes et le public, rencontre possible grâce à une médiation constante et la mise en place de nombreux projets éducatifs satellites.

Si nous ne devons citer que trois points forts : ce serait d’abord la deuxième édition du Street Art Movie Fest, festival de cinéma dédié au Street Art. Ensuite l’inauguration du Festival à l’Ancien Musée de Peinture où nous présenterons les œuvres d’atelier des artistes participant au festival qui sera accompagné d’une soirée musicale en centre ville enfin les dévoilements des fresques réalisées pendant le festival qui permettront au public de connaître les artistes et de faire la médiation dans les quartiers concernés.

Comment voyez-vous la suite du festival ? Reste-t-il encore beaucoup de murs à investir ?

Comme tous les festivals à leurs débuts, cela n’a pas été simple de trouver des subventions, des propriétaires ou des acteurs publics prêts à nous laisser changer leurs bâtiments. Aujourd’hui, ce sont les acteurs publics et les propriétaires qui nous proposent massivement leurs bâtiments pour nous permettre de créer un véritable musée à ciel ouvert.

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Work in progress Maye en hauteur & Momies en bas, GSAF 2018 ©Streep

Nous souhaitons nous élargir à toute la métropole grenobloise. En 2015 et 2016, nous exposions uniquement à Grenoble. L’année dernière, Fontaine s’est joint au festival et cette année, les villes de Saint Martin d’Hères et de Pont-de-Claix participent également.

Enfin, l’équipe de Spacejunk travaille tout au long de l’année à la recherche de surfaces intéressantes pour le Street Art Fest.

Que voudriez-vous que les gens retiennent de cet événement ?

Le Street Art sert à éduquer. Cette dimension est vraiment très importante. L’art sert de message à la société actuelle. C’est pour cette raison que le Musée à ciel ouvert est vraiment primordiale pour nous.

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Serty 31, 2018 ©Streep

Enfin, nous voulons montrer que le festival est un moyen de médiation, à travers toutes les visites organisées durant le Street Art Fest, de toutes les expositions que nous mettons en place… ◊

Emma Roche pour Streep

Street Art Fest
Du 1 er juin au 1 er juillet 2018
Grenoble (38)

Site internet du festival

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