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Le projet fou, artistique et altruiste de Felipe Pantone au Liberia

Le projet fou, artistique et altruiste de Felipe Pantone au Liberia

Prenant part à l’Apartial Project, le street artiste argentino-espagnol a choisi de travailler avec The Hut, une école de surf offrant un accès à l’art aux habitants de ce pays d’Afrique de l’ouest.

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© Felipe Pantone/Apartial

Depuis 2016, l’organisation Apartial s’associe à des street artistes du monde entier pour faire fleurir l’art dans des zones, si ce n’est sinistrées, du moins oubliées. En témoignent les interventions d’Okuda à Porto Rico, de Seth et JR en Ouganda, et tout récemment du miniaturiste Slinkachu avec le réputé Felipe Pantone au Liberia.

Ce dernier lieu n’a d’ailleurs pas été choisi par hasard, comme le confirme Mark Leonard, l’un des responsables de l’Apartial Project. «Nous voyagions à travers le Liberia au cours d’un voyage de surf lorsque la crise d’Ebola a commencé à se propager dans la région. La générosité de la population locale, alors même qu’elle luttait contre des conditions de vie terribles, nous a beaucoup touchés. Nous nous sommes donc jurés de faire tout ce que nous pourrions afin de contribuer à la renaissance de cet endroit magnifique», explique-t-il.

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Les jeunes s’investissent à la création de la façade de l’école de surf © Felipe Pantone/Apartial

De l’art, oui, mais utilitaire

Parce qu’embellir les abords de Robertsport ne suffisait pas, Felipe Pantone a imaginé une structure, inspirée des bâtiments traditionnels, qui servirait à toute la communauté : une école de surf. Et, pour impliquer les membres du club de glisse local dans ce projet, il les a fait participer à la réalisation de ses damiers hypnotiques sur la façade. Construite à partir des palmiers qui bordent la plage de Robertsport, The Hut a permis aux jeunes enthousiastes de découvrir le street art, mais surtout de s’approprier une œuvre dont ils peuvent être fiers. «Nous essayons autant que possible d’inclure la communauté locale dans le processus décisionnel afin qu’ils puissent répéter le projet après la fin de notre travail», souligne Mark. The Hut se veut en effet «une structure permanente mais elle aura besoin de réparations à mesure que la saison des pluies frappe durement», rajoute-t-il.

Outre un chantre de l’énergie créative et un centre névralgique pour une jeunesse désoeuvrée, la cabane de Felipe Pantone fait également office d’espace fédérateur. À l’intérieur, on trouve ainsi deux pièces : l’une destinée au stockage et à la réparation des planches des surfeurs, remplie d’outils et d’accessoires de peinture ; l’autre servant plutôt de salle commune où se rencontrer, discuter et donc faire évoluer la société vers un avenir plus radieux. Ou au moins plus coloré. «Je ne peux pas parler pour Felipe, mais nous espérons ainsi que le monde entier commencera à voir le Liberia sous un jour nouveau», expose Mark Leonard en guise de plan de mission. «En outre, nous espérons que d’autres artistes suivront l’exemple de Felipe et partageront leur travail pour inspirer l’espoir à ceux qui en ont le plus besoin», conclue-t-il. Après tout, n’est-ce pas la raison d’être de l’art urbain ? ◊

Clotilde Gaillard pour Streep

Apartial Projects
The Hut
Robersport
Liberia (Afrique de l’ouest)
Felipe Pantone
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