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Edimbourg veut restreindre le street art à des zones choisies par la municipalité

La capitale écossaise prévoit de limiter les peintures urbaines

Dans le but de lutter contre les graffitis, la capitale écossaise prévoit de limiter les peintures urbaines à des sites officiels … Atrophiant ainsi l’espace d’expression des artistes de rue.

Edimbourg Courtesy Of Leith Late
©Edimbourg Courtesy Of Leith Late

Fin janvier, les autorités édimbourgeoises ont soulevé l’idée de contraindre les street artistes à des lieux prédéfinis par la ville. L’objectif : contenir l’expansion d’oeuvres urbaines et éradiquer les grafittis, les tags et autres «dessins griffonnés, rayés ou vaporisés illégalement sur un mur ou une autre surface dans un lieu public».

Edimbourg crédit Drivethrucafe flickr
©drivethrucafe

Les conseillers municipaux se sont réunis autour d’un rapport officiel attribuant plusieurs propriétés privées à quelques artistes urbains, certaines inscrites au patrimoine mondial d’Édimbourg. Un peu à la manière dont les bâtiments du quartier Dixon Street à Glasgow ont été investis par une fresque gigantesque. Celle-ci représente l’humoriste écossais Billy Connolly (né en 1942), signée John Byrne, Jack Vettriano et Rachel Maclean.

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Billy Connolly par John Byrne, Jack Vettriano et Rachel Maclean, Glasgow

Or, si cette nouvelle politique culturelle offre d’embellir celle que l’on surnomme «l’Athènes du Nord», elle limite également la liberté d’expression des artistes à des endroits ciblés. Un sentiment gênant de possession de l’œuvre par la communauté locale, peut naître.

Ce projet interroge sur l’indépendance des sujets : les street artistes pourront-ils continuer à créer librement ? La ville d’Edimbourg imposera-t-elle ses desiderata ? L’art devra-t-il se soumettre aux obligations d’une commande ainsi dissimulée ?

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©Alistair Linford

Cet aspect illicite a fait connaître bon nombre des plus populaires génies de l’art urbain. L’artiste britannique Banksy n’a-t-il pas commencé en apposant ses pochoirs à la dérobée, où bon lui semblait ? Et Pixel en collant ses mosaïques extra-terrestres de nuit, à la sauvette ?

Edimbourg crédit M J Richardson
©M J Richardson

Qui plus est, cette volonté de street art réprimé à de seuls spots officiels ne satisfait pas, et ce jusqu’au sein des responsables du Conseil. Quelques-uns ont mis en garde contre le risque d’un «conflit potentiel avec la protection du patrimoine». Pour cause : le conseil a parfois approuvé l’exploitation de sites officiels, notamment dans la zone de New Waverley, près du noyau historique. Une aberration de conservation, le plus long mur de graffitis légaux du Royaume-Uni a ainsi été inauguré l’an dernier à Leith, à seulement trois kilomètres du centre-ville d’Edimbourg.

Une décision doublement absurde, donc, en plus d’être artistiquement liberticide. ◊

Clotilde Gaillard pour Streep

 

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