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Boris Vian dans les Catacombes interdites

Un essai participatif et poétique

Un essai participatif et poétique

Se mettre en tête une idée folle, enchantement d’un instant dont la puissance visuelle se poursuit longtemps après.

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Je voudrais pas crever Avant d’avoir usé Sa bouche avec ma bouche Son corps avec mes mains Le reste avec mes yeux © C.N

Ces deux-là, amis de longue date, portés par un deuil douloureux, décident d’amener collectivement de la poésie où elle ne s’attend pas. Comme un écho à l’existence arpentée, aux surprises et obstacles inévitables.

L’écrivain Boris Vian (1920-1959) et son ode à la vie «Je voudrais pas crever», écrite en 1952, s’imposent naturellement à eux. Pour le texte bien sûr mais peut-être aussi parce que l’homme était lui-même tenaillé par le désir d’essayer. Les Catacombes interdites sont retenues : endroit mystérieux où le noir habille nos âmes, ambivalence recherchée entre apaisement des sens et appréhension du labyrinthe initiatique.

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Je voudrais pas crever Avant d’avoir connu Les chiens noirs du Mexique Qui dorment sans rêver © Streep

«Nous voulons créer une surprise artistique qui contraste dans un monde de roche. Un double-fond dans le double-fond de la ville.»

Les deux garçons, dont l’un est cataphile, se mettent en quête du meilleur endroit pour afficher les mots du génie. Un lieu passant où les lettres pourraient être posées sans effacer les autres existantes, respect du site, évidemment. Le projet doit être celui d’une union, l’énergie collective est fondamentale dans cette recherche personnelle.

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©Streep

«Nous visons une aventure de groupe, un essai de travail collaboratif autour d’un projet artistique, avec un enthousiasme fou.»

Pendant trois jours, trente cataphiles et érudits s’emparent ainsi des vers de Boris Vian. 1570 caractères pochés, ondulants sur 365 mètres de long à la lumière des lampes, «comme la vie et ses péripéties».

copyright G
Je voudrais pas mourir Sans qu’on ait inventé Les roses éternelles La journée de deux heures La mer à la montagne ©G

Beauté surprenante de ce long couloir démesuré, douce fascination intimidante. L’action sera-t-elle bien comprise ? L’être humain, souvent, affectionne la critique, existentialisme oblige, réaction face à des repères perturbés ou manque d’information le précipitant quelques fois, s’il n’y prête garde, dans le ravin suintant de l’ignorance.

En action copyright Streep
Je voudrais pas crever Avant d’avoir goûté La saveur de la mort ©Streep

Mais qu’importe cette minorité puisque la fresque aux idées fédératrices de partage est déjà dans les mémoires de ceux qui l’ont croisée, créée ou dénoncée, action éphémère seulement dans sa matérialité. En cela, Boris Vian aurait sûrement adhéré. ◊

MD pour Streep

Les Catacombes interdites
Fresque collaborative
«Je voudrais pas crever» Boris Vian
Paris

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