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L’artiste Rouge se livre en 7 photos

Rouge, l’artiste bordelaise aux 1000 projets, se prête au jeu des 7 photos

Rouge, comme un nom fédérateur, aimé de tous. Rouge-cœur, Rouge-sang, Rouge -chaleur. Un nom en adéquation avec la peinture de cette artiste de 31 ans née en Allemagne, arrivée en France à ses 10 ans. Diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux – avec Félicitations du jury – elle livre un art puissant et frontalement humain. Des corps, des mouvements se créent, provoquant une émotion.

Rouge en train de peindre son oeuvre_©Luka Merlet
Rouge en train de peindre son oeuvre ©Luka Merlet

Son dernier projet, Courts-Circuits, est une expérience bordelaise immersive et participative d’un autre genre. Nous lui avons demandé de se raconter en 7 photographies de son choix :

Photo 1 : Sorties nocturnes

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Rouge, sortie nocturne bordelaise, 2013 ©Pierre Lecaroz

Rouge : « C’est une photo prise par Pierre Lecaroz (président de l’association bordelaise Pôle Magnetic ) lors de nos toutes premières sorties nocturnes, en 2012 ou 2013. J’étais étudiante aux Beaux-Arts où j’apprenais à penser installations et performances mais je ne trouvais aucune place pour le dessin et la peinture, dont j’avais pourtant le goût depuis longtemps.
C’est drôle de penser que dans la rue, peut-être parce qu’illégale, la figuration semble légitime. En école j’avais la sensation que le langage académique n’avait plus de message et de public : la rue m’a prouvé le contraire. »

Photo 2 : Les voyages

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Unspoken, festival Maqtha Art District, Hyderabad, St+art India, 2019 ©Pranav Gohil

Rouge : « Je suis partie peindre en Inde en 2015 et en 2019 : des expériences fondatrices !

« Il y a ce truc vertigineux que j’adore dans nos métiers, celui de partir sans savoir ce qu’on va peindre, ni où, ni pourquoi. Sortir de sa pratique, de ses repères, penser des images contextuelles qui continueront à vivre après notre départ. » Rouge

C’est une danse complexe dont le but est simple : être au bon moment au bon endroit, avec la juste proposition. L’équipe du festival a été formidable dans l’accompagnement de mes recherches. Cette fresque a été pour moi un moment de grâce : le propriétaire de l’immeuble refusait toute représentation humaine ou animale pour raison religieuse. Cela m’a amené à raconter autrement le corps, singulier et social. Unspoken est un commentaire sur la question féminine à Maqtha et sur nos habitudes de touristes. »

Photo 3 : Que sait-on vraiment ?

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Kenn du suul ker (Nul ne peut enterrer la vérité), Festival Thiaroye sur Garonne et Images et Vie,  projet de l’association MC2A, Dakar 2018, ©Luka Merlet

Rouge : « Cette fresque, réalisée à Dakar pour le festival Thiaroye sur Garonne, aborde la question du massacre de Thiaroye. En effet, le 1er décembre 1944, l’armée française a ouvert le feu sur des tirailleurs africains. L’espace de la ville est incroyablement dense, complexe et délicat : aborder des questions politiques longtemps passées sous silence permet un débat et une rencontre immédiate.

Avec ce voyage à Dakar, j’ai vu que nous ne comprenions que peu de choses ! Les sénégalais rencontrés maîtrisent non seulement leur histoire et leur culture, mais aussi la nôtre. J’ai ainsi pu déconstruire une ignorance néocoloniale. »

« De par son inscription dans le réel quotidien, nos pratiques murales sont étroitement liées au texte politique qui a tissé les villes. » Rouge

Photo 4 : Première carte blanche

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Kaléidoscope, Institut Culturel Bernard Magrez, Bordeaux 2018, 2019 ©Constant Formé-Bècherat

Rouge : « Quand j’ai commencé à travailler dehors, j’avais peu d’héroïnes : presque tous mes artistes de référence étaient des hommes. Bien qu’ayant une grille de lecture féministe au quotidien, j’ai  mis du temps à m’interroger sur notre milieu et les dynamiques de visibilité et de carrière à l’œuvre. Le travail des artistes Swoon et Faith ont été une révélation. Exposer à leur côté au sein de l’Institut Culturel Bernard Magrez de Bordeaux était dingue. Pour une fois il ne s’agissait pas de juxtaposer quelques pièces habituellement enterrées dans une réserve pour respecter un quota, mais d’une vraie carte blanche avec une grande confiance et jamais le moindre doute sur notre professionnalisme et légitimité ! »

Photo 5 : Exposition XXL dans une Base Sous-marine

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A écrire sur le béton on le fera murmure et non cloison, collaboration avec Madame, Légendes Urbaines 2018 ©street art Bordeaux

Rouge : « L’exposition Légendes urbaines à la Base Sous-marine de Bordeaux en 2018 est pour moi la concrétisation d’un long parcours amical et professionnel avec Pierre Lecaroz. Avec l’artiste parisienne Madame, nous avons créé le collage d’ouverture de l’exposition, en plus d’une installation in situ chacune !

Un collage de 100 mètres carrés de fusains dessinés dans mon petit atelier qui prenait une allure de mine à charbon, et dans lequel je ne voyais l’ouvrage avancer que fragment par fragment. C’est encore aujourd’hui l’œuvre dont je suis la plus heureuse. »

Photo 6 : Une résidence marquante

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La nuit n’en finit plus, Résidence Bernard Magrez et exposition personnelle, 2019 ©Luka Merlet

Rouge : « Depuis que je me suis intéressée à l’art, j’ai attribué à la peinture une place particulière. La résidence au sein de l’Institut Culturel bordelais Bernard Magrez a été pour moi l’occasion d’assumer pleinement ce goût et de l’explorer pendant 4 mois dans un super atelier. J’ai adoré construire l’exposition de sortie de résidence en laissant mes intuitions picturales en dicter l’histoire. Je l’ai vécu comme un premier solo qui a lancé l’essentiel des pistes sur lesquelles je travaille en ce moment. »

Photo 7 : Courts-Circuits, 6 toiles prêtées à vie à 6 amateurs d’arts

7. courts-circuits Jean-Baptiste Menges
Courts-Circuits, Bordeaux 2019,2020 ©Jean Baptiste Menges

Rouge : « Courts-circuits c’est l’histoire folle d’une idée de coin de table qui devient concrète et s’étoffe de rencontre en rencontre.

« 6 artistes de la scène urbaine, rémunérés par la Fondation Desperados pour l’Art Urbain, produisent 6 oeuvres transportables remises à 6 amateurs gratuitement. En échange de ce don à vie, un seul engagement : promener les oeuvres dans l’espace de la ville pendant 6 mois. » Rouge

C’est un projet co-construit et produit par la Fondation Desperados pour l’Art Urbain. Maaike Hammerlinck et Luka Merlet, deux amis, m’ont également accompagnée dans cette expérience artistique.

Le fait qu’une Fondation ait accepté de porter un projet décentralisé, expérimental et collectif continue de me surprendre et surtout de me réjouir. C’est un moment fort pour moi, parce que ce projet rassemble plusieurs aspects de ma pratique souvent dissociée, et que sa dimension est avant tout collective. Dans ce dispositif tout nous échappe et chaque étape est une surprise. » ◊

MD pour Streep

www.rouge-art.net

Courts-Circuits, une expérience artistique et collaborative
Fondation Desperados pour l’Art Urbain
Exposition itinérante et sauvage jusqu’au 14 mai 2020 dans l’espace public bordelais et son agglomération.

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