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Jef Aérosol, Rero, Nick Walker, Pantónio…du street art dans une école !

Street art au sein d’une école de Saint-Etienne

C’est l’histoire d’un établissement pas comme les autres, un modèle à suivre. Au sein de l’école publique des Frères-Chappe de Saint-Etienne (42), 34 artistes urbains sont venus réaliser une œuvre. On en compte actuellement plus de 90 ! Un chiffre qui n’est pas prêt de diminuer.

RERO, Ecole Chappe © RERO

A l’origine de ce projet peu ordinaire, la visite des stéphanois, Ella & Pitr, en 2013. Des petits cadres sont réalisés au sein de l’école, une démarche très concluante. Tellement, que les artistes urbains reviennent en 2015 pour un projet plus grand, mis en place avec l’ensemble des classes maternelles. Artistes et enfants travaillent ensemble autour de cadres en trompe l’œil dans la cour de l’etablissement. Un résultat joyeux, artistiquement enrichissant, humainement fort.

Jéremy Rousset, le directeur de l’école classée en réseau d’éducation prioritaire (REP), se rend bien vite compte de l’intérêt d’un tel échange. Une pédagogie coopérative ne peut que responsabiliser les enfants et les élever intellectuellement.

Mademoiselle Maurice, Ecole Chappe © Mademoiselle Maurice

De cette prise de conscience, naît la volonté de mettre en place une école comme un musée vivant d’art contemporain. Artistes et enfants travaillent soit main dans la main à la réalisation d’une œuvre, soit apprennent des street artistes en les regardant créer.

Madame, Pantónio, Ella & Pitr, Jef Aérosol, Zabou…le nombre d’artistes venus réaliser une œuvre au sein de l’Ecole Chappe donne le tournis ! Une sensible façon de partager des expériences communes et d’apprendre, ensemble.

Dans une interview réalisée par les enfants de l’école, pour la BTJ, Bibliothèque de Travail Junior, une revue aux cinq numéros par an, Jeremy Rousset expose l’importance de ces rencontres : « C’est très difficile de comprendre le geste d’un artiste. Quand on voit un tableau déjà fait, on n’imagine pas le temps, la technique, la façon dont l’artiste s’y prend. Pour que les enfants comprennent, il faut inviter des artistes pour leur poser des questions, comprendre ce qu’ils ont dans la tête, voir quel message ils veulent porter.»

Dans la même optique, des musiciens tout aussi reconnus, investissent également fréquemment les lieux pour des concerts et des rencontres auxquels on aimerait bien, nous aussi, participer ! Les Ogres de Barback, Oldelaf, Dub inc…ils en ont de la chance nos jeunes élèves.

Quand on veut, on peut

Cet adage résume bien la motivation de l’école. Si les frais de déplacement sont pris en charge, les artistes participent bénévolement au projet. « L’école Chappe s’auto-finance à 75%. Nos fonds proviennent d’événements que nous organisons, comme la visite de l’école par les enfants eux-mêmes pendant la Journée du Patrimoine, mais aussi la vente de calendriers, goodies… Nous bénéficions uniquement d’une subvention du Conseil Départemental et du soutien de la mairie de la ville. » précise Jéremy Rousset.

« Tout récemment, nous arrivons à donner un cachet aux artistes. C’est très peu compte tenue de leur investissement, nous en avons conscience, même s’ils nous disent venir dans une toute autre optique. Certains refusent par exemple totalement d’être défrayés. »

En effet, il en faut plus aux street artistes pour renoncer, la rémunération s’apprécie ici humainement.

Portrait de Rosa Park, Malala et Kathrine Switzer par Zabou, Ecole Chappe ©Zabou

« J’ai eu la chance d’être invité par l’École afin de réaliser une fresque avec les enfants. Tous les artistes (…) vous diront à quel point c’est un formidable projet. J’ai travaillé avec les petites sections de maternelle pour coller les scotch fragile. Une classe de cm2 m’a aidé à la découpe des continents. Je n’ai jamais vu une équipe aussi impliquée et enthousiaste. Je repars plein d’énergie donnée par les enfants. » Raconte l’artiste Ender, enthousiaste.

A l’heure actuelle, 34 artistes urbains ont participé au projet de cette école, véritable musée de street art. Plus de 90 œuvres ont déjà été réalisées, un chiffre qui ne devrait pas baisser.

Un beau projet humain à saluer surtout en ces temps d’isolement forcé. ◊

École-Musée Chappe, 3 impasse Noël Mazet, Saint-Étienne (42)

Ecole des Frères-Chappe

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