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Street Art City : une friche de 22 000 m2 livrée au talent des graffeurs

Dans l’Allier, un couple décide de transformer une friche industrielle en une ville du Street art : pari réussi ou folie des grandeurs ?

Dans l’Allier, un couple décide de transformer une friche industrielle en une ville du Street art : pari réussi ou folie des grandeurs ?

L’aventure débute sur un coup de cœur. Gilles et Sylvie Iniesta (62 et 56 ans) tombent sous le charme du château de Lurcy-Lévis (Allier). Ils achètent le terrain sur lequel périt l’ancien centre national de formation des PTT, fermé depuis 1993. Le temps passe, l’idée d’en faire un gîte s’éloigne. Le château est revendu, le couple garde la propriété du centre de formation.

Que faire de ces 13 bâtiments occupant plus de 7000 m2 sur 10 hectares de terrain ?

Janvier 2015, Gilles et Sylvie décident de leur donner une seconde vie grâce à l’art urbain. Le projet voit le jour en avril 2015 :

« Nous n’y connaissions absolument rien en Street art. Nous sommes allés sur les moteurs de recherche, nous avons tapé les mots-clés, essayé d’apprendre. » confesse Gilles.

« Le projet a très vite suscité l’intérêt de nombreux talents. Nous avons dû repenser notre idée, la développer pour offrir plus. Street Art City naissait en janvier 2016. Plus de 50 artistes sont venus investir les murs que nous leur mettions à disposition. Et ce n’est qu’un début, nous avons encore énormément de surface exploitable. Nous avons reçu les dossiers de 700 artistes internationaux, et répondrons favorablement à 90 d’entre eux pour l’année 2017. »

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Le concept est simple. « Nous logeons les artistes, nous leur fournissons le matériel, nous nous positionnons comme une véritable résidence artistique. Il n’y a aucun intérêt à ne faire venir que des personnes célèbres. Il faut donner leur chance à des valeurs montantes, à des Artistes en devenir. »

« La villa Médicis du Street art » comme aime le dire fièrement Gilles.

Un lieu de création plus qu’un endroit d’exposition. C’était sans compter sur l’intérêt croissant des visiteurs, de plus en plus nombreux à vouloir pénétrer au cœur de ce vivier artistique. Depuis avril 2017, Gilles et Sylvie l’ont ouvert au public. Des groupes se promènent entre les bâtiments, posent des questions, eux les guident. «  C’est incroyable. Même sous la pluie, les gens font la queue, attendent leur tour ! »

Il faut dire que certaines fresques bousculent vraiment, comme celle de Caro Pepe, une argentine au passé douloureux. Deux visages opposés se font face, chacun n’ayant qu’un œil, énorme, grand, inquisiteur. Le mal-être ressenti est immédiat. «  L’artiste a subi des maltraitances dans sa jeunesse. L’art urbain lui a permis de se voir enfin comme elle était. Ces filles n’ont qu’un œil car elles ne voient pas la réalité. Juste une partie. »

L’autoportrait de CREY132 (CREYone), artiste français plasticien, saisit par sa taille et ses détails.

CREY132
CREY132 (CREYone), artiste plasticien né en 1973, réalise ici un autoportrait.

« J’aime beaucoup la fresque de l’argentin Alaniz. The migrant and the liberty.

L’artiste était dans le train berlinois (sa ville de résidence) en direction de Paris, quand il a rencontré un migrant syrien. Ils ont beaucoup discuté. Arrivé à Paris, l’étranger a été arrêté par la police. Alaniz a juste eu le temps de le prendre en photo. Une fois arrivé à Street Art City, il a longuement réfléchi à ce qu’il venait de voir. Il tenait à délivrer un message particulier. En pleine soirée, il a demandé à sa collaboratrice de venir avec lui, l’a habillée en Liberté telle qu’il l’imaginait et l’a prise en photo. Le lendemain, il créait ce mur. » Une façon de soutenir le sort de ceux à qui l’on refuse des droits.

Au centre de la friche, « Hôtel 128 » : l’intérieur d’un ancien hôtel est décoré par des artistes. 128 « œuvres-cellules » réalisées par 128 Artistes venus des 5 continents. Chacun laissera la trace de son passage en investissant totalement ses murs et en intégrant 2 toiles à son œuvre.

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L’artiste danois Soten, sept fois identifiable.

Le prix d’entrée, 12 euros. Faire payer pour voir de l’art de rue est presque devenu monnaie courante, elle est ici expliquée simplement : « la visite est abondamment commentée, nous expliquons le travail de chaque artiste et puis le public participe ainsi à la prise en charge des Artistes en résidence. »

Zeso et Soir2
Zeso et Soir2

Comme souvent, l’art urbain a permis d’apporter à ce lieu abandonné un souffle neuf, une renaissance qui entraine aussi du positif au village puisque plusieurs personnes travaillent à plein temps : entretien, surveillance, restauration, communication, accueil…

L’art encore une fois facteur d’intégration, d’élévation et de curiosité.

Street Art City
03320 Lurcy-Lévis
Auvergne-Rhône Alpes
France
http://www.street-art-city.com

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