La Grande Interview News

L’artiste Amose se prête au jeu de l’interview décalée

Dans le travail très graphique d’Amose, les courbes s’emmêlent révélant des formes humaines aux visages abstraits. Les postures se font rêveuses, lointaine. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur lui

Dans le travail très graphique d’Amose, les courbes s’emmêlent révélant des formes humaines aux visages abstraits. Les postures se font rêveuses, lointaines, les compositions volontairement déconstruites. On pense au peintre autrichien Schiele (1890-1918) pour les traits écorchés à l’énergie dérangeante, parfois, ou aux créations du brésilien Vitché dans ses formes faussement simplifiées. L’artiste utilise le collage, travaille sur bois, sur toile ou sur les murs que lui offre la rue. Un infini de possibilités.

Peux-tu te présenter rapidement ?

J’ai 38 ans, je suis né dans la commune de Croix (Métropole européenne de Lille), je vis et travaille à Lille (59). J’ai deux enfants et un chat.

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Découpe et collage de bois, 90 x 110 cm ©Amose

Un projet où tu t’es dit « ça passe ou ça casse » ?

Peindre un mur à Tel Aviv (Israël) en 2014, un jour de shabbat. J’ai failli finir menotté et reconduit à la frontière !

Penses-tu que les artistes doivent toujours être payés pour leur prestation ?

Oui c’est mieux pour manger…Évidemment, parfois c’est aussi possible de faire des choses juste pour ton plaisir et celui des autres mais il ne faut alors pas tout mélanger.

Collage avec 9 eme concept 2
Collage, Amose et 9ème concept ©Amose

Un sujet qui t’agace vite et pourquoi ?

Aucun sujet ne m’agace réellement. Plutôt les humains et leur comportement. Quand ils sont au volant par exemple. Si tu veux savoir le pourcentage de cons dans ta ville, fais un tour en bagnole vers dix huit heures.

Un sujet sur lequel tu pourrais parler des heures ?

La musique.

Collage, Serigraphie 50 x 70 cm
Collage, Sérigraphie 50 x 70 cm ©Amose

Ta dernière grande déception ?

De m’être débarrassé pendant un déménagement de ma collection de flyers soirées-expos-concert que je gardais depuis la fin des années 90.

J’ai du mal à jeter les choses, je garde tout. Alors il y a un moment où faut faire de la place. Mais ici, ce n’était pas du tout le bon carton à bazarder !

Ta dernière grande satisfaction ? 

J’ai peint un bowl de skate cet été (module de skatepark qui se situe entre le street et la rampe). D’habitude, je viens toujours avec un projet ou un dessin préparé à l’avance. Pour une fois, j’y suis allé spontanément, un peu au feeling. J’avais bien sûr quelques idées du rendu en tête, mais rien de plus.

 

Au final je suis très content du résultat. J’ai fait du skate de 1987 à 1994. Le graphisme des planches, la musique dans les vidéos, m’ont vachement marqué et influencé. Peindre un bowl de skate avait donc une saveur particulière pour moi.

Un film qui t’a particulièrement marqué ?

J’ai adoré Baxter de Jérôme Boivin (NDLR : Baxter est un film fantastique français, sorti en 1989. Baxter est un Bull terrier qui a la faculté de penser et dont on suit les péripéties à travers ses trois maîtres.)

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Dans ce film, la narration passe à travers un chien qui observe et raconte ce qu’il ressent à travers les 3 familles qui vont l’accueillir tout à tour. J’ai bien aimé le mélange entre le comportement très primaire du chien et ses pensées « humaines », pleines de mépris. Tout au long du film sa personnalité change et s’affirme en fonction des gens qu’il rencontre. C’est assez marrant et flippant en même temps.

La route de John Hillcoat m’a également beaucoup marqué (NDLR : La Route est un film dramatique américain, sorti en 2009. Il est tiré d’un roman écrit par Cormac McCarthy. Une terre ravagée par un cataclysme où seuls quelques hommes ont survécu.) C’est un film d’anticipation tiré d’un bouquin où il n’y a plus de végétaux, plus d’animaux donc plus rien à manger… c’est le chaos, et du coup, les hommes se bouffent entre eux. Le  » chacun pour sa gueule  » (de plus en plus présent aujourd’hui) est vraiment poussé à l’extrême. C’est ça qui m’a plu. Une vision malheureusement assez réaliste, de ce qui se passerait si on perdait tous nos repères.

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Quelque chose que tu trouves aberrant ?

La télé poubelle me consterne.

Une personnalité que tu adores ?

J’aime énormément l’enseignant et conférencier français Idriss Aberkane (né en 1986) ou le comédien et écrivain français Jean Pierre Bacri ( né en 1951).

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Usine abandonnée à Lille, octobre 2017 ©Amose

Une personnalité décédée que tu aurais aimé rencontrer ?

Le coureur cycliste français et acteur André Pousse (1919-2005). J’aime bien son coté grande gueule, un mec authentique qui dit ce qu’il pense sans faire de manières. Je ne sais pas de quoi j’aurais parlé avec lui, je l’aurais sûrement beaucoup écouté : sa façon de parler, sa voix, ce mec respirait la franchise.

Ta chanson du moment ?

Du hip hop avec le titre Human Condition de l’américain Jonwayne (né en 1990) Jonwayne – Human Condition

ou Bus Stop Jazz des américains The Jealous Guys
The Jealous Guys – Bus Stop Jazz

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Collage et encre, 27 x 42 cm, 2017 ©Amose

La jaquette d’un CD ou d’un disque que tu adores ?

Difficile de dissocier la musique d’un album et sa couverture. Des fois tu finis par adorer une pochette parce que tu aimes le son que contient le disque.

J’ai adoré les pochettes des albums USSR de 1999 et 2002 de DJ Vadim. (NDLR : DJ Vadim est un disc jockey et producteur russe émigré en Angleterre lorsqu’il était jeune. Ses références mélangent hip-hop, reggae soul et électro. il publie USSR: Life from the Other Side en 1999, et USSR: The Art of Listening en octobre 2002).

 

Les deux compilations Headz sorties chez Mowax sont terribles aussi. (NDLR : Headz est une compilation du label anglais Mo’ Wax sortie en 1994. Headz 2 sort en 1996.)

 

Tes prochains projets ?

J’ai une exposition collective à Lille, Di(x)visons. (NDLR : Le Flow, Centre Eurorégional de Cultures Urbaines, accueille les œuvres et archives de plusieurs associations, dans le cadre d’une exposition intitulée Di(x)Visions, immersion dans le graffiti nordiste. Elle se tient jusqu’au dimanche 10 décembre et retrace l’histoire du graffiti dans le nord de la France). Je dois également finir et imprimer une affiche de concert en sérigraphie pour l’artiste Romeo Elvis. (NDLR : Roméo Johnny Elvis Kiki Van Laeken, né en 1992 , est un rappeur belge.) J’ai aussi été contacté pour un mur dans le 12 ème arrondissement de Paris, sans doute pour 2018. Je suis également invité à peindre l’extérieur d’un bâtiment qui abrite une salle de danse, dans la banlieue de Lille. ◊
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