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La galerie Francis Noël défend l’art urbain à Liège

Depuis 2015, une galerie d’art urbain s’est ouverte dans la ville de Liège (Belgique). La seule à défendre ici un courant artistique qui ne cesse d’évoluer.

Depuis 2015, une galerie d’art urbain s’est ouverte dans la ville de Liège
(Belgique). La seule à défendre ici un courant artistique qui ne cesse d’évoluer. Nous avons voulu rencontrer son fondateur, Francis Noël.

CREN -- ROMAIN Joachim -- INDIE 184
Cren, Joachim Romain, Indie 184 ©galerie Francis Noël

Comment vous est venue l’idée d’ouvrir une galerie ? Ce n’est pas une décision que l’on prend à la légère.

Je suis dans l’art depuis trente cinq ans. Ma première galerie était située à Bruxelles dans le quartier du Sablon. Je l’ai fermée il y a une petite dizaine d’années, non pas qu’elle ne marchait pas mais étant liégeois, je devais faire à peu près 4h00 de route aller-retour pour m’y rendre.

Dans le même temps, j’ai également eu une galerie de 100 m2 au sein de ma propre maison, en pleine campagne belge. C’est une période de ma vie où je me rendais à énormément de foires artistiques. Cet espace me sert à présent à stocker les œuvres. En septembre 2015, je me décide à ouvrir cette nouvelle galerie, au numéro 75 d’une rue
liégeoise. Une façon de ralentir mes activités au sein des foires.

Vous n’êtes donc plus présent sur les salons artistiques ?

Au contraire ! Je participe toujours aux grands événements, j’ai juste voulu ralentir un peu la cadence. En tant que galeriste, on est presque obligé d’y participer. Il est important de se faire connaître par une nouvelle clientèle art urbain. Nous restons ainsi également au courant de l’évolution de cet art.

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La galerie et son accrochage pour Art contemporain Urbain and co ©galerie Francis Noël

Comment avez-vous découvert cette galerie liégeoise ?

Je voulais apporter quelque chose de nouveau à ma ville, je suis la seule galerie à défendre l’art contemporain urbain à Liège. Quand j’ai découvert le lieu, il m’a tout de suite convenu. Son emplacement déjà : à 400 mètres de la gare et des entrées d’autoroutes. Et puis l’immeuble est très atypique : contemporain, formant un angle, parfait pour ce genre d’activité !

C’est une galerie que vous tenez seul ?

Généralement, oui. Parfois j’ai l’aide de ma compagne Carmen, suivant ses disponibilités.

Dans quel état d’esprit étiez-vous lors de votre première exposition dans ce nouveau lieu ?

Il s’agissait d’une exposition mélangeant des artistes modernes et contemporains belges et internationaux. J’étais à 200 % dans cette nouvelle aventure. L’exposition a très bien
marché, j’ai eu beaucoup de visites, un vrai encouragement.

Comment vous êtes-vous spécialisé en art urbain ?

C’est venu au fur et à mesure des expériences. En 2011, je présentais l’artiste américain
Toxic (né en 1965), pionnier du mouvement graffiti, dans une foire bruxelloise. Cela n’a
pas été assez concluant. Avec le recul, je pense que c’était un peu trop tôt pour ma
clientèle. C’est véritablement suite à ma participation à la foire urbaine d’octobre 2015,
8ème Avenue (partie urbaine de la foire contemporaine Art Élysées), que je décide de
dédier ma galerie à l’art contemporain urbain.
Je souhaite ainsi donner la chance à de jeunes artistes émergents qui ont quelque chose
à montrer et à faire passer dans leur travail artistique.

Parlez-nous de votre expo actuelle, Art contemporain Urbain and co ?

Il s’agit d’une exposition collective mettant en avant une partie des artistes que je
représente, comme Akte One, ARDPG, Bandi Nadib, Cren, Fish Stix, Indie 184, Kool Koor,
Kouka, Théo Lopez, l’américain Quik, Joachim Romain et Sifat. Participent
également Jean K., Vincent Mandiaux et Ty Art, trois artistes plus contemporains.
L’exposition permet de montrer l’évolution de cet art en devenir. Elle sera visible
jusqu’au 30 juin.

Un moment humain très fort vécu grâce à votre métier de galeriste ?

Je dirais sans hésiter : toutes mes rencontres avec des artistes venant de la mouvance
graffiti, jeunes et plus anciens. Une vraie richesse humaine. Je citerais également ma
découverte de l’artiste Saype en mars 2016 avec qui j’allais ensuite collaborer. Je l’ai
présenté au grand public la même année, à la Urban Art Fair, la première foire urbaine
parisienne.

20160707-7h19, Paris éclairé
Saype, 7h19, Paris éclairé, 2016 ©Saype

NDLR : Saype est un artiste né à Belfort en 1989. Ses grands portraits réalisés
directement sur les pâturages alpins à l’aide d’une peinture biodégradable, attirent
rapidement l’attention. Il réalise ainsi en 2015 à La Clusaz une œuvre de 1 400 M2
baptisée L’amour et voit plus grand deux ans plus tard en Suisse avec sa fresque Qu’est
ce qu’un grand homme, de 10 000 m2. L’artiste travaille également en atelier et réalise
des pièces sur plexiglas.

Qu’est ce qu’être galeriste selon vous ?

C’est un beau métier mais surtout une passion. Nous sommes là pour faire découvrir des artistes auprès d’un public de connaisseurs ou d’amateurs : c’est à la fois gratifiant et difficile.

Parfois, il m’arrive d’avoir des doutes, d’être déçu – et c’est assez rare mais cela
arrive – du comportement de certains artistes.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Je souhaiterais monter de nouvelles expositions, faire connaitre mes nouvelles
trouvailles nées de rencontres humaines et continuer à découvrir cette scène
artistique vieille de cinquante ans, en pleine mutation. ◊
Art contemporain urbain and Co
Exposition collective
Jusqu’au 30 juin
Galerie Francis Noël
Espace 75
Rue du Plan Incliné, 75
4000 Liège (Guillemins GARE)
Belgique
https://www.galeriefrancisnoel.be

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